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Dans ce plan on a créé un effet de malaise. La poupée est un personnage. Si on veut lui donner la possibilité de se déplacer, il faut lui laisser de l'air au-dessus pour qu'on puisse la saisir ou qu'elle se relève, et devant. Elle ne peut pas partir vers l'avant puisque la table fait barrière. La proxémie fait que je suis proche et peux m'adresser à elle faute de pouvoir la déplacer. Le malaise vient du fait que l'air se trouve à gauche, donc inaccessible pour elle et sans intérêt pour moi puisque ce n'est pas par là que je peux l'atteindre. Finalement nous sommes très proches physiquement mais n'avons rien à nous dire. Solitude extrême. |
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Le léger décalage dans l'axe nous place dans la situation habituelle du champ contre-champ imposé par le cinéma depuis quasiment son origine. Nous ne sommes plus dans le réel mais dans le culturel, dans le vraisemblable. La barrière de la table demeure qui incite à la pause conversation. Il y a suffisamment d'air au-dessus pour que Yumi ne se sente pas prisonnière. Un élément de proxémie qui lui garantit malgré la proximité entre nous, la possibillité de partir. Comme dans la photo précédente l'anneau de la chaise parasite. Cet anneau m'empêche de détailler son visage parce qu'il prend la fonction d'un œil, lequel remplace ceux de la poupée. Chaque fois que je la regarde, mon regard passe d'abord par cet "œil" avant de redescendre immédiatement vers la tache lumineuse qu'est ce visage blanc. La ligne courbe descendante de la table apporte un élément dynamique par le déséquilibre provoqué. |
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Dans ce plan, l'œil cyclope ayant disparu, je suis attiré par la" masse blanche" du visage dans lequel je vais spontanément chercher les yeux. La ligne courbe est maintenue qui garde sa valeur dynamique, mais cette fois en opposition au triangle de stabilité du corps lui-même. Le regard vers le haut de la poupée peut correspondre à un temps de réflexion de sa part, après le propos que je viens de lui tenir. L'air supprimé au-dessus de la tête va jouer sur la proxémie en nous mettant en situation d'intimité. Nous y reviendrons, mais ce cadre nous permet de faire la différence entre "l'air" placé pour ne pas enfermer et "l'accroche" qui, le plus souvent, sert à créer une implication dans un rapport de communication. Si j'avais laissé un centimètre seulement au-dessus de sa tête; je la bloquais parce que trop proche du "plafond". |


