Ma classe était abonnée à Jmagazine.

 

La revue était en accès libre et j’avais constaté que les enfants s’arrêtaient souvent sur les images à lire. J’ai donc décidé d’inscrire la classe dans un circuit de classes lectrices d’images pour Jmag.

Lorsque nous les recevions à tester, je les accrochais à hauteur d’yeux des enfants pendant quelques jours, et me contentais d’observer leurs réactions : le temps d’arrêt devant l’une ou l’autre, les réflexions, les débuts de discussions... Ces images provenant de l’extérieur, imposées, devenaient peu à peu familières aux enfants et permettaient à chacun de s’en imprégner, de fabriquer ses propres représentations.

Puis, sous la forme d’un débat que j’animais, nous mettions en commun nos observations, afin qu’une pensée collective se construise et nourrisse les représentations individuelles. Nous procédions à raison d’une image par jour, en commençant par celle qui avait suscité le plus d’intérêt.

De cette façon, chaque enfant pouvait exprimer ce qu’il voyait, son idée sur le sens de l’image, mais aussi ses impressions affectives, esthétiques, etc. Dans le même temps, l’analyse collective permettait à chacun d’enrichir et de réajuster sa propre pensée au contact de la pensée du groupe.

La démarche engagée débouchait parfois sur d’autres pistes de travail : poèmes, jeux de mots, enquêtes variées, etc. Dans le cas contraire, nous avions tous profité (maître et enfants) des bénéfices liés au débat.

Enfin, pour clore le projet, je communiquais le résultat de nos travaux aux responsables de Jmag en classant les images par ordre d’intérêt témoigné par les enfants. Mais en interne, les enfants et moi savions que toutes les images avaient été utiles, car chacune d’entre elles avait fait l’objet d’un échange, et c’est ce qui comptait le plus !

Monique Quertier, 12 septembre 2017